Alors on apprend à avancer. On fait des choix, on prend des décisions, certaines plus simples que d'autres. C'est une année décisive. Grande mutation intellectuelle et physique. On s'écarte de certaines personnes, qu'on ne retrouvera surement jamais. On choisit notre voie, nos études. On a de moins en moins de temps libre, alors on trie, on trie nos priorités, et puis il ne reste plus grand chose. Quelles sont réellement nos priorités ? Celles que l'on nous oblige à avoir ne sont pas toujours celles que l'on se serait nous mêmes données. Mais on choisit, on avance, on grandit, on change. On fume aussi, on boit des cafés, on dort peu, et puis on travaille, on travaille beaucoup, mais ça paye. Alors on continue sur cette voie, on avance. Est-ce la bonne voie ? Peu importe, il faut réussir, c'est une année importante. Mais si le prix de la réussite est l'éloignement de toutes ces personnes qui nous ont vu mûrir, est-ce que tout ça en vaut vraiment la peine ? Avoir le bac, mais n'avoir personne avec qui le fêter, à quoi bon ? Parce que notre jeunesse nous pousse à faire la fête, on en a besoin, se vider la tête de toutes ces choses que l'on apprit, et de cette angoisse perpetuelle, qui nous emprisonnent, qui nous empêchent de vivre légèrement.